mardi 14 août 2012

Bernard Marcotte : poète, conteur et philosophe - Sa vie, son oeuvre

 Sa vie
  Bernard Marcotte est né le 5 juillet 1887 à Saint-Germainmont, petit village situé au sud des Ardennes, non loin de l’Aisne. Son père y était percepteur, et fut par la suite nommé dans le nord du département, près de Charleville-Mézières, à Renwez puis à Gespunsart, où la famille vint successivement se fixer. C’était passer des confins de la plaine champenoise au cœur du massif ardennais, à sa forêt et aux vallées encaissées de la Meuse et de la Semoy.
   Bernard Marcotte vint à Paris pour la suite de ses études, et il restera dans la région parisienne lorsqu’il débutera une activité professionnelle. Cependant, il fut toujours fidèle aux Ardennes, « à la sauvage vallée de la Meuse, toute pleine de légendes chevaleresques, aux grands bois qui dévalent vers le fleuve dans une brume ensoleillée » – et son pays natal reparaît à de nombreuses reprises dans son œuvre littéraire, de façon voilée, ou explicite. Il y revint régulièrement, dans sa famille, jusqu’en 1912, année au cours de laquelle, son père étant brusquement décédé, sa mère rejoignit ses deux fils dans la banlieue de Paris.
   C’est au lycée Louis-le-Grand, en plein cœur du Quartier latin, que Bernard Marcotte devint élève, dans le but alors de se présenter au concours d’entrée à l’École normale supérieure. Mais il avait un esprit trop indépendant et trop fantasque pour aller jusqu’au bout de la préparation du concours et jusqu’au professorat. Aussi, dès le début de 1906 il quitta la khâgne pour s’acquitter de son service militaire, qu’il fit, sans grand enthousiasme, à Mézières au 91e Régiment d'Infanterie). De retour à Paris, il s’inscrivit pour une licence de philosophie (obtenue en 1908), puis un diplôme (sur Le Beau, étudié  à travers les théories du philosophe allemand Theodor Lipps sur l’Einfühlung[1]), qu’il prépara sous la direction de Gabriel Séailles, professeur à la Sorbonne et soutint en 1910.
   Ce faisant, il retrouvait le milieu étudiant si foisonnant de la Montagne Sainte-Geneviève. Il s’était lié en khâgne avec Paul Tuffrau, lui-même venu de province, en fait de Bordeaux, avec qui se noua une solide amitié[2], avec Roger Dévigne, ou encore avec Marcel Martinet…, qui deviendront des écrivains, chacun dans son domaine, et aussi avec Jean Wahl, le philosophe, et c’est peut-être par l’intermédiaire de Roger Dévigne, qu’il connut André Juin, sculpteur et illustrateur, originaire comme lui d’Angoulême. Une vie très riche se recréa entre tous ces jeunes gens, avides de lectures, aussi bien classiques que contemporaines, ou d’écriture, ou de tout autre forme d’art, qui se voyaient sans cesse, se lisaient mutuellement leurs poèmes, nouvelles ou autres textes, se lançaient dans de longues causeries, ou déambulaient la nuit sur les quais de la Seine… C’est ainsi que Bernard Marcotte entra dans le mouvement des “Visionnaires”, à l’origine d’un “Groupe d’Action d’Art”, dont le but était de rechercher la beauté et la créer dans l’art tout en aspirant à la “Vie Nouvelle”, groupe formé, entre autres, par Roger Dévigne, André Colomer, Gabriel-Tristan Franconi, et auquel Louis Jouvet prêta son concours en disant ou interprétant sur scène des textes des uns et des autres, et il participa à l’aventure de revues littéraires, - en réalité assez confidentielles, comme il y en eut tant au cours de ces années -, La Foire aux Chimères et Les Actes des Poètes.
Lettre de Bernard Marcotte
à Paul Tuffrau
   Cette période fut très féconde pour Bernard Marcotte sur le plan de l’écriture (« Je m’enrichis, je me sens riche d’une richesse multiple et folle, j’ai la fierté d’une foule de rêves incohérents » ; « Les images éclatent en moi... L’activité esthétique est une surabondance de vie, un excès de force... ») : poèmes, contes, pièces de théâtre, projets inachevés ou aboutis, que parfois il reniait secondairement, détruisant ce qu’il avait écrit, souvent un peu rapidement comme il lui arrivait de le reconnaître… Cependant, il lui fallut prendre une décision quant à son avenir, et en 1911, il concourut pour être rédacteur dans un ministère. Il fut reçu, et entra dans celui des Travaux Publics. Ce travail ne le passionnait nullement, mais lui laissait suffisamment de temps libre pour s’adonner à ce qu’il aimait : lire, écrire, et voir ses amis. Peu après, à la suite du décès brutal de son père à Gespunsart le 7 février 1912, il fut amené à s'installer en mars 1912 à Choisy-le-Roi, avec sa mère qui ne pouvait pas rester seule dans ses Ardennes (et aussi son frère, avant que celui-ci ne se marie, en mai 1914).
   En 1913 parut le seul ouvrage de lui édité de son vivant, Les Fantaisies Bergamasques, ensemble de récits et de contes reliés par une trame assez lâche, la destinée d’une troupe de comédiens chassés de leur ville de Bergame, car accusés d’en avoir troublé la tranquillité, et remontant à travers le pays de France jusqu’en Flandre, avant un retour triomphal en Italie. Le thème principal en est, en fait, la fantaisie, celle que revendique Bernard Marcotte, qui n’est pas une agitation bruyante, mais une joie où se mêlent malice et rêverie et refus de la souffrance. « Puck, Ariel, Fantasio, et tout ce qu’il y a de grâce et de légèreté sur la terre, vous êtes pour moi des symboles plus vrais de la nature humaine que l’antique Atlas. Je n’aime pas qu’on définisse la vie par une souffrance lorsqu’elle est tout entière tendue vers la joie. Direz-vous que le ciel est le lieu où s’assemblent les nuages parce qu’il y eut des jours où son azur s’est obscurci ? Quand vous aurez vu la tempête, vous connaîtrez le vent, l’éclair et le tonnerre, mais vous connaîtrez la mer quand vous aurez contemplé au soleil le calme et la splendeur des eaux. » Ouvrage un peu déconcertant au premier abord, mais imprégné de poésie, parsemé de pages où se manifestent les grandes qualités d’écriture de leur auteur, et aussi jalonné de réflexions sur la vie, ou la destinée humaine. Car Bernard Marcotte était poète et également philosophe, ce dont il avait témoigné par le choix de ses études, mais également dans son amitié avec Jean Wahl, et ce qui transparaît largement dans toute son œuvre.
   Les Fantaisies Bergamasques n’eurent guère de succès. De toute façon, très vite survint la cassure dramatique de la Première Guerre mondiale (au cours de la quelle, d'ailleurs, l'éditeur des Fantaisies Bergamasques fut tué). Comme tous, Bernard Marcotte partit sur le front. Il le fit honnêtement, sérieusement, mais il n’avait pas du tout l’âme guerrière, et il subit cette épreuve plus qu’il n’y participa : « J'ai moins d'enthousiasme que de patience. Je subis avec une résignation raisonnable tous ces événements tragiques. […] J'étais trop ouvert aux pensées étrangères, aux sentiments d'un autre temps. » Mais cette guerre dure, et nombre de proches sont tués… Une effroyable saignée se fait dans cette jeunesse dont l’élan a été brisé. Là vraiment, il s’est agit d’une génération sacrifiée. Bernard Marcotte revint de cet enfer, et même, plus tard, en 1920, il fut fait chevalier de la Légion d'honneur[3], mais il a été blessé à trois reprises, et surtout une infection chronique se développa à partir d’une de ses blessures. Il ne put pas reprendre une vie “normale”, mais dut aller d’hôpital en hôpital, d’abord à Nice, puis à Briançon, et enfin à Vannes… Son état se dégrada peu à peu et il assista à la perte progressive de toutes ses possibilités de mouvements, sans pourtant jamais se plaindre. Même, il continua à lire et à écrire, et c’est au cours de ces années qu’il rédigea un ensemble de textes philosophiques, que la veille de sa mort il présenta lui-même comme « des morceaux, achevés ou à l'état de brouillon, expressions fragmentaires, d'un caractère philosophique, ou moral, ou poétique, d'une pensée d'ensemble que j'ai coiffée d'une étiquette : La Vie étroite et où aboutissaient toutes mes pensées et mes sentiments ». Cependant, le mal évoluait, et Bernard Marcotte décéda à l’hôpital militaire de Vannes le 4 juillet 1927, à tout juste quarante ans. Il fut ensuite inhumé à Prix-lès-Mézières (où sa tombe est toujours visible), où son père, André Marcotte, né dans cette ville le 16 octobre 1854, avait lui-même été enterré.
[1] Einfühlung : « mot intraduisible malheureusement et par lequel l’esthétique allemande désigne une projection de notre personnalité dans un objet  étranger, un déplacement de cette psychique qu’est le moi, une métempsycose passagère par laquelle notre conscience quittant pour un instant le corps auquel elle est liée anime un objet dont nous ne connaissons rien qu’une apparence inanimée », écrivait Bernard Marcotte dans son diplôme. Cependant, ce mot peut être remplacé en français par celui d’“empathie”.
[2] Des Souvenirs sur Bernard Marcotte, par Paul Tuffrau ont été publiés dans L’Œil bleu, n° 10, février 2010, p. 13-38 (première partie d’un ensemble daté de 1934, non encore publié, comportant un chapitre sur « Le caractère et la pensée » et un autre sur « L’œuvre », que Paul Tuffrau avait intitulé Passage d’Ariel. Bernard Marcotte, poète, conteur et philosophe de l’ironie, et qu’il avait accompagné de différents textes de Bernard Marcotte).

[3] Annuaire officiel de la Légion d'honneur, Paris, 1929.
Son œuvre 
   L’œuvre de Bernard Marcotte est très variée : poèmes, contes, pièces de théâtre, textes philosophiques… Cependant, on y retrouve la beauté et la clarté de l’écriture, la poésie, une fantaisie toute de discrétion et qui se teinte de rêverie, tous éléments qui en font une œuvre très singulière et attachante.
 
Poésie
   Les poèmes sont très divers par leurs sujets. Ils montrent le foisonnement des centres d’intérêt de Bernard Marcotte : Paris et ses promenades nocturnes sur les quais de la Seine, avec des membres du groupe des “Visionnaires”, mais aussi la nature, qu’il aimait particulièrement dans ses Ardennes natales, le Moyen Âge, avec ses cathédrales et leurs gargouilles, ou bien l’Antiquité, ou encore l’idéalisme d’un Don Quichotte ou de Jésus… Ils sont aussi très différents les uns des autres, par leurs styles, certains de facture très classique, d’autres plus romantique ou plus lyrique, d’autres encore assez fantaisistes, révélant ainsi toutes les facettes du talent de leur auteur.
 
Parution dans des revues du temps de Bernard Marcotte :
Les Comédiens (La Foire aux Chimères, n° 1, décembre 1907)
La statue (La Foire aux Chimères, n° 1, décembre 1907)
Idéalistes et Bouffons. Comme quoi le bon saint Don Quichotte décloua Monseigneur Jésus.  II. – La parodie. III.  – Les retours (La Foire aux Chimères, n° 2, du 15 janvier au 15 février 1908)
Les tombes (La Foire aux Chimères, n° 3, mars 1908)
Idéalistes et Bouffons : Le Moulin des Chimères. I. – Le défi (La Foire aux Chimères, n° 4, juin 1908)
Vierges de France (Les Actes des Poètes, n° 4, mars 1910)
Une nuit… (fragment) (Les Actes des Poètes, n° 5, avril 1910)
Madeleine (Poèmes, n° 1, novembre 1908, p. 4-7)
Midi : le chant de la joie (Poèmes, n° 2, septembre-octobre 1910, p. 12-16)

Parution dans L’Œil bleu (n° 10, février 2010, p. 3-12) :
Nocturne
Musique marine
Portrait
Autre portrait
Le Pont-Neuf à l’aube
Symphonie domestique
Poèmes (Publibook, 2013), regroupant l'ensemble des poésies.

Contes et récits
   Le talent de conteur de Bernard Marcotte se manifeste de façon évidente dans ses différents textes, dont le point départ est très varié : contes de Charles Perrault, fabliaux du Moyen Âge, mythes de l’antiquité, légendes nordiques… Bernard Marcotte en réinterprète les thèmes à sa façon, avec sa poésie et sa fantaisie, qu’il émaille, mais sans aucune prétention, de réflexions profondes.
 
Parution dans des revues du temps de Bernard Marcotte :

Autour de la mort (La Foire aux Chimères, n° 1, décembre 1907)
            Les deux Sainte Anne (publié sous le pseudonyme de Pierre Ménil) (Le mois littéraire et pittoresque, n° 164, août 1912, p. 98-104)

Les Fantaisies Bergamasques (Édition du Temps Présent, 1913, 1 vol. ; réédition : Éditions Thélès, 2012)

La dernière chevauchée des Rois Mages (Éditions Thélès, 2011) : recueil comportant

            Contes du Paradis :  
                       La dernière chevauchée des Rois Mages
                                   Les deux Sainte Anne
                                   Le voyage de la Vierge (d’après un fabliau de Rutebeuf),  
                                                                    suivi d’une prière à Notre Dame
                                   La Vierge Marie à la recherche de l’enfant Jésus

            D’après des légendes finnoises :  Kyllikki
                                                                             Mielliki
            Les Bottes de l’Ogre (Chronique du temps des fées)
            L’histoire de Psyché contée aux enfants
            Cabinet de lecture (fragments)
            Autour de la mort
 
Théâtre
   Le théâtre a offert à Bernard Marcotte un autre moyen d’exprimer sa fantaisie, et cela avec la grande liberté que permettent les dialogues. Que ce soit en prose ou en vers, la langue est belle et claire. On retrouve dans les différentes pièces le même charme, et en même temps souvent la même profondeur de ton que dans d’autres textes.

Parution dans une revue du temps de Bernard Marcotte, L’Encrier (n° 9 à 12, février 1920 à mai 1921) : Ma Mère l’Oye (pièce en quatre actes)

Théâtre (Éditions Thélès, 2011 ; Publibook, 2015) : recueil comportant
            Ma Mère l’Oye
            Le songe d’une nuit d’été (pièce en vers, en cinq actes)
            Viviane et Ariel (fragment)
            Le double message (d’après une farce de Tabarin)

Textes philosophiques
   Bernard Marcotte aborda dans ces textes les thèmes classiques des philosophes concernant la destinée de l’homme, sa liberté, la mort, mais avec sa manière propre, en mêlant des références à l’antiquité que sa grande culture permettait ou des réflexions tirées de l’observation de la nature, avec toujours sa poésie et sa fantaisie.
   Ce sont Les Cahiers d’Ésope, rédigés dans les dernières années de sa vie, alors qu’il est malade. 

Des extraits de La Vie Étroite, un des parties des Cahiers d’Ésope, ont été publiés dans deux revues :
La Vie Étroite (fragment) (introduction par Jean Wahl). Recherches philosophiques, 1934-1935 (p. 385-389)
L’étonnement. Le don philosophique. Le Grognard, n° 20, décembre 2011, p. 42-50.
 
L'ensemble des Cahiers d'Ésope a été publié en un volume, en 2013 (Publibook).

Correspondance adressée à :
            Paul Tuffrau [1]
            André Juin
            Georges-Henri Lacassie [2]
            Jean Wahl
            Louis Jouvet [3]
             Marcel Martinet [4]

   Les différentes lettres de Bernard Marcotte sont très vivantes, très riches, parfois sérieuses, parfois très amusantes, ou parsemées de poèmes… La publication d’une grande partie d’entre elles serait très intéressante, que ce soit pour la connaissance de Bernard Marcotte et de son œuvre, ou pour celle de son époque et du milieu littéraire et artistique dans lequel il a vécu. 
[1] Les très nombreuses lettres écrites par Bernard Marcotte à Paul Tuffrau sont désormais conservées dans le Département des Manuscrits de la BNF (cote NAF 28871).
[2] Un certain nombre de lettres écrites par Bernard Marcotte à Georges-Henri Lacassie sont désormais conservées dans le Département des Manuscrits de la BNF (cote NAF 28871).
[3] La majorité des lettres écrites par Bernard Marcotte à Louis Jouvet sont dans le Fonds Louis Jouvet du Département des Arts du spectacle de la BNF (cote LJMN 129). Certaines de ces lettres ont été publiées dans la revue littéraire L'Œil Bleu, n° 14-15, mai 2015 (p. 3-33).
[4] Trois lettres, qui doivent dater de 1910, conservées dans le Fonds Marcel Martinet, Département des Manuscrits de la BNF (cote NAF28352).


Lectures de textes et spectacles
 
18 juillet 1908 : représentation de la pièce en un acte Le Moulin des Chimères, Louis Jouvet tenant le rôle de Don Quichotte (Université Populaire du Faubourg Saint-Antoine) [1]
21 septembre 1908 : lecture par Louis Jouvet du poème La Statue (Angoulême, Salle des Concerts) [1]
28 février 1909 : lecture par Louis Jouvet du poème La Statue (Université Populaire du Faubourg Saint-Antoine) [1]
26 juin 1919 : Roger Dévigne parle de Bernard Marcotte, et de ses vers sont lus, lors d'une réunion chez Mme Aurel [2]
1921 : lectures de vers de Bernard Marcotte lors d'une réunion des "Amis des Fées", association fondée par Roger Dévigne [3]
4-7 novembre 1955 : lectures de vers de Bernard Marcotte lors du Salon de Poésie organisé par Jean Gacon et Vincent Monteiro [4]
26 janvier 2016 : lectures à Francheval (Ardennes), faites par des membres du Groupe de théâtre du Cercle Pierre Bayle de Sedan de textes de Bernard Marcotte : lettres à Paul Tuffrau et une lettre à Else Jouvet, poèmes [Aux écluses (derrière le Pont-Neuf), Et les coucous aussi, Nocturne, Autre portrait], extraits des Fantaisies Bergamasques, Préface à Autour de la mort (présentation par Sylvette Pierre).
4, 5 et 6 mars 2016 : Bernard Marcotte, le rêve par-delà les tranchées, spectacle du Groupe de théâtre du Cercle Pierre Bayle (à la MJC Calonne de Sedan) (adaptation de la pièce de Bernard Marcotte : Ma Mère l'Oye, et lectures de textes de Bernard Marcotte : lettres à Paul Tuffrau et Louis Jouvet, extraits du Songe d'une nuit d'été, poèmes [Prière du vagabond, Une nuit..., La Passion]) (présentation et mise en scène par Sylvette Pierre).
18 septembre 2016 : Bernard Marcotte, le rêve par-delà les tranchées, spectacle du Groupe de théâtre du Cercle Pierre Bayle (à Tétaigne, près de Sedan, dans le cadre du Festival à la Ferme Sème la culture) (mise en scène par Sylvette Pierre).
1er octobre 2016 : Bernard Marcotte, le rêve par-delà les tranchées, spectacle du Groupe de théâtre du Cercle Pierre Bayle (à Nouzonville, dans le cadre du Festival de Théâtre Amateur) (mise en scène par Sylvette Pierre).
30 octobre 2016 : lectures à Gespunsart (Ardennes), faites par des membres du Groupe de théâtre du Cercle Pierre Bayle de Sedan de textes de Bernard Marcotte : lettres, poèmes, extraits des Fantaisies Bergamasques (présentation par Sylvette Pierre). Avec le même jour, une exposition consacrée à Bernard Marcotte.
17 janvier 2017 : lectures à la Médiathèque de Sedan (dans le cadre des Mots du Mardi) (Bernard Marcotte, le poète retrouvé), faites par des membres du Groupe de théâtre du Cercle Pierre Bayle de Sedan de textes de Bernard Marcotte : lettres, poèmes, extraits des Fantaisies Bergamasques (présentation par Sylvette Pierre). Avec du 7 au 28 janvier 2017, une exposition consacrée à Bernard Marcotte.
31 mars 2017 : Bernard Marcotte, le rêve par-delà les tranchées, spectacle du Groupe de théâtre du Cercle Pierre Bayle (à Villers-Semeuse) (mise en scène par Sylvette Pierre).

[1] Louis Jouvet (1887-1951). "Notes et documents". Revue de la Société d'histoire du théâtre (1952)
[2] Le Rappel, 26 juin 1919.
[3] Belles-Lettres, juin 1921, n°24, p. 663.
[4] Mercure de France, janvier 1955, p. 116-117.
 
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Bernard Marcotte vu par Paul Tuffrau en 1934

   Il y a sept ans déjà que s’est éteint à Vannes, sans que cette mort ait fait le moindre bruit dans le monde, l’être le plus magnifiquement doué que j’aie jamais rencontré. Il succombait aux lents ravages d’une tuberculose osseuse consécutive à ses blessures. Nul ne le connaissait, – hormis quelques amis réchappés de la guerre qui depuis longtemps avaient salué dans ce garçon modeste, effacé, mais en qui brûlait silencieusement la flamme du génie, un authentique fils de roi. Nul ne le connaît encore, sans qu’il y ait lieu de parler d’injustice : son œuvre, ou du moins ce que j’en ai pu retrouver (la veille de sa mort, il m’écrivait : « J’ai tout détruit de mon ancienne production ») est presque entièrement inédite. Mais ce qui en reste – soit qu’il l’ait avoué comme sien en l’épargnant, soit que le hasard l’ait soustrait à l’holocauste – suffit à mettre en éclatante lumière le nom de Bernard Marcotte. Qu’il s’agisse d’un très grand écrivain, – grand par la force et l’ampleur de la pensée, par la profondeur du sentiment, par l’inépuisable richesse d’une imagination émerveillée, il ne saurait être question d’en douter. Je prie le lecteur de jeter les yeux, avant de poursuivre, sur quelques pages de l’œuvre, – par exemple Vierges des églises de France, ou Le chant d’Orphée, ou L’histoire de Psyché, ou La Vie étroite… Il aura vite reconnu l’accent inimitable, fait de douceur et d’autorité, et le rayonnement mystérieux de la grande poésie. Il saura dès lors que l’amitié ne m’égare pas et que je dis vrai. [...]
[extrait d'une longue étude que Paul Tuffrau consacra à Bernard Marcotte : une partie - comportant ce passage - en a été publiée sous le titre Souvenirs sur Bernard Marcotte, dans la revue L’Œil bleu, n° 10, février 2010]
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Liens :
Paul Tuffrau

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